novembre 17, 2017

AU REVOIR LO

Cher ami poète, cher Lo, je viens d' apprendre ton départ...
Il y a les mots que je ne dirai pas et qui sont ancrés au fond de mon âme.
Tu avais écrit un recueil de poèmes "Salves envolées".
C'est par tes mots à toi que je souhaite te dire au revoir.

CANTATE D' UNE NUIT

"Disparaître un instant
et renaître au présent
Aux lecteurs qui m' apprécient
A la cantate d'une nuit

Je ne suis qu' une étoile filante
Qui fuse dans l' oubli
Une nuée de paroles qui enfante
Louanges à mes meilleurs amis"

Le destin a la raison couchante
Le sein d' une liaison infinie
La vérité à l' écoute tremblante
J' aime, j' aime et je faiblis

A l' orée d' un absolu qui saoule
Dans l' abîme mon ange sourit
Nous plongeons dans l' eau qui coule
Vers la soluble énigme de la vie"

               LO

⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙

novembre 15, 2017

CE QUE DISENT TES MAINS

Tu caresses sa joue
d'une manière délicate
de peur de l' abîmer
ce que disent tes mains
un geste inachevé
un tout premier voyage
tu reviendras rêver
auprès de son visage
une peur de la froisser
ce que disent tes mains
tu veux juste lentement
entr'ouvrir un chemin

⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙

novembre 12, 2017






Dans le ciel, au-dessus d'un arbre dépouillé, une demi-lune attend sa moitié

⊙⊙⊙⊙⊙⊙











ECRIT EN PROSE

La femme se tenait là, au pied de la montagne, l'ascenseur de son oeil grimpait jusqu'au sommet. 
Elle avait parcouru, des plaines, des collines, de grandes villes nues, des mers inconnues. Posé parfois bagages, semé de ses mains larges, avait aussi connu la grêle et les orages, le grand désert à vue, l'arrondi d'un mirage. Elle avait parcouru, d'un pas léger ou lourd, le chemin d'une vie parsemée de détours. Accroché son regard à la couleur du ciel , à la fleur jolie où butinait l'abeille ou à celui d'un homme qui disait : « tu es belle ». Arrimé son sourire à celui d'un enfant, aux journées cristallines, où le soleil est grand. Accroché son chapeau, au bois chaud d'un ponton, en plongeant les cheveux dans la mer-océan.
La femme se tenait là, au pied de la montagne, l'ascenseur de son oeil descendit jusqu'à terre. 
Elle s'assit doucement, recueillit la lumière, de l'astre, dont les bras rayonnaient de chaleur. Elle aperçut alors, au raz même de la terre, sa vie qui défilait en mordillant le temps, bien avant que l'oiseau l'emprisonne de ses serres, elle saisit au sommet le beau paradis blanc.



⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙


novembre 11, 2017

CROIX DE GUERRE



Tombé à Verdun, anonyme, parmi les millions d' anonymes... Nos villages s' en souviennent...


Au fond de ce tiroir
parmi les ombres
la croix de guerre

Mémoire
au lit de la pudeur

Les hommes tombés
n'ont pas de veste
les hommes debout
s'en souviennent

Au fond de ce tiroir
parmi les ombres
la croix de guerre
humble et fraternelle

⊙⊙⊙⊙⊙⊙





novembre 10, 2017







Feuille d' automne, passagère jaunie du temps

⊙⊙⊙⊙⊙⊙

QUATRE VINGT DIX HUIT...

Allongé dans la boue des tranchées, sur le front de la Meuse, Justin n'arrivait pas à fermer l'oeil. Des chiffres résonnaient dans sa tête, il ne comptait pas les moutons mais le nombre de ses compagnons tombés, le jour même, au combat. Les nombres teintaient comme le glas de l'église du village qui l'avait vu naître puis grandir. Il essayait de se boucher les oreilles avec ses mains calleuses, rien n'y faisait, tout n'était que fracas.

Il leva son regard vers le ciel cherchant un coin de paix dans l'immensité de celui-ci, il n'y rencontra que le vide. Les étoiles n'avaient plus la même couleur, la même lumière. Elles appartenaient à un autre monde, celui d'avant la guerre, celui de Pauline. Ce monde là avait disparu au rythme des vies qui s'en allaient dans le sang, la solitude, la peur, la boue. Dieu aussi, d'une certaine façon, était mort.
Il maudissait sa représentation ne sachant vers qui diriger sa colère et son impuissance.

Justin se redressa péniblement, une crampe venait de le saisir à la jambe gauche. Il grimaça et oublia pour un instant de compter. La douleur physique remplaça la douleur morale. Il pouvait la contrôler davantage. Deux minutes s'écoulèrent avant qu'il ne ressente, à nouveau, sa tête le marteler.

A côté de lui, un de ses frères d'armes parlait en dormant. Justin n'en comprenait pas le sens. Peu lui importait. En lui, autour de lui, tout n'était
qu'absurdité.
Les propos décousus de son compagnon résonnèrent dans la tranchée : « je pense qu'il pourra demeurer auprès de nous jusqu'au moment où il sera rouillé ».

******

Quatre vingt dix huit, quatre vingt dix neuf, cent...

Affalé dans sa chambre, Vincent comptait sur ses petits doigts. Il poussa un grand « ouf » avant d'esquisser un large sourire. Maman ! papa ! cria t-il du haut de son jeune âge, je sais compter jusqu'à cent ! Il déboula dans les escaliers, ébouriffa
le chien au passage, se jeta contre sa mère pour l'enserrer de ses bras légèrement potelés.

Vincent aimait beaucoup les chiffres. Quelques posters colorés portant des soustractions, additions et divisions, ornaient sa chambre.L' ardoise posée sur le petit bureau montrait quelques traces d'exercices récents.

Paul observa de loin son fils serré contre son épouse. Comme il ressemble à son arrière, arrière grand-père se dit-il ! la même expression dans le regard, le même dessin de la bouche...Une vieille photo s'imprima alors dans sa tête, une photo d'avant-guerre... celle de Justin. La statue au centre du village et la croix blanche du cimetière portaient ces quelques mots : "mort au front". Elles honoraient aussi, pudiquement, son nom.

Il chassa ces images sombres tout en jetant un dernier regard à son fils. Il retourna vaquer à ses occupations dont la principale était le taillage d'une haie.

Il restait fidèle à un vieux sécateur, nul ne savait pourquoi. Une étrange complicité s'était établie entre lui et l'objet. Il en prenait soin comme de la prunelle de ses yeux.

Il murmura ces quelques mots, de peur d'être entendu par le voisin qui coupait un rosier, non loin de là : « je pense qu'il pourra demeurer auprès de nous jusqu'au moment où il sera rouillé ».

⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙

ET QUAND TU PARTIRAS

Et quand tu partiras
dans la Vallée, là-bas,
où l'herbe est plus verte
et la beauté offerte

Et quand tu t'en iras
au monde de l'au-delà
où des sources de couleur
baignent les êtres en fleur

Où les arbres sont libres
au bord de chemins ivres
et où les enfants volent
au tendre vent d'Eole

Porteras-tu vers là-bas
nos visages en aura
quelques lettres d' émoi
quand nous n' aimions que  toi ?

Où partiras-tu, nu
âme dans l'absolu
dans l'oubli de tes "roses"
nouveau-né qui se pose ?

⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙

novembre 09, 2017

DANS LE VENT DE NOVEMBRE


Dans le vent de novembre
au doux souffle de mai
sous la couette, dans ta chambre
ou au coeur des forêts

Sous le ciel de décembre
en juillet, sous l'azur
quand tes lignes se cambrent
sous une chaleur pure

Dans la nuit qui retient
tes rêves en couleurs
dans un corps qui enferme
tes silences et tes peurs

^^^^


Laissons libre cours à notre imaginaire...




⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙

LIEN KARMIQUE

Nous recueillons ensemble
la chaleur du soleil
nos deux vies se ressemblent
nous venons du même ciel

Nous voyons l'invisible
en nos chemins secrets
et la flamme invincible
de liens vieux et tissés

Nous accueillons ensemble
la lumière du soleil
nos deux âmes se ressemblent
nous dormons au même ciel

Regarde, tend tes mains
approche mon doux miel
voyageons vers ailleurs
dans l'espace, quelques heures

⊙⊙⊙⊙⊙⊙

novembre 08, 2017

JOY ET MON PERE





La première fois que nous vîmes JOY, elle nous plut d'emblée.
Son aspect champêtre et son air intelligent touchèrent notre coeur.
C'était une chienne pleine de caractère, de vie, la terreur aussi des facteurs. Elle défendait bruyamment son territoire, au grand dam des passants ! Elle venait aussi se blottir contre nous et ses yeux débordaient de tendresse. Le "loup" se transformait alors en "agneau".
Joy aimait particulièrement nager dans l'eau de la rivière ou de l'océan. Elle s'adonnait alors à son activité favorite.
Intrigués, les promeneurs du dimanche faisaient une pause et observaient son manège.
La fox récupérait les galets dans la mer et les transportait, avec détermination, sur le sable.
Sa curieuse troménie ravissait les promeneurs et faisaient rire les enfants. Elle peinait à transporter les galets les plus volumineux et abandonnait rarement ceux-ci.
Au cours des ans, ne renonçant pas à son jeu favori, elle s'y abîma, une à une, les dents.
Dès son plus jeune âge, elle fut imprudente. Occultant le danger, elle plongea dans le Steïr près de la petite Ile verdoyante. Elle fut vite emportée par le courant.
Mon père n'hésita pas à entrer dans la rivière pour lui porter secours. Ils sortirent de celle-ci aussi trempés et émus l'un que l'autre.
Depuis ce jour, un lien unissait la fox-terrier et son sauveur. Elle avait une manière particulière de le regarder. En ses prunelles mordorées, on pouvait y voir une forme de reconnaissance et beaucoup d'amour.
Ce lien unique perdura quatorze années ...
Avant d'être conduite à sa dernière demeure, au pied du vieux cerisier, mon père la salua d'un mouvement de la main empreint de fraternité et de respect.
Comme il l'aurait fait pour un vieux pote...

**********

Le soleil est entré par la porte entr'ouverte
est venu se poser sur un coin de ta joue
puis je l'ai recueilli dans la niche de ton cou 
jauni et tremblotant de mille éclats du ciel
il a teinté ma bouche 

○○○○○○○●⊙●⊙○○○○○○○